Leapmotor B05 : que vaut l'intérieur de la compacte chinoise ?
La Leapmotor B05 s'impose progressivement sur le marché européen comme l'une des compactes électriques chinoises les plus ambitieuses de sa génération. Distribuée en Europe grâce au partenariat stratégique entre Leapmotor et Stellantis, cette berline compacte entend séduire les acheteurs par un rapport qualité-prix attractif et une dotation technologique généreuse. Mais qu'en est-il réellement de son habitacle ? L'intérieur tient-il ses promesses face à des concurrentes bien établies comme la Volkswagen ID.3 ou la Peugeot e-308 ? Nous avons passé en revue chaque détail de la cabine pour vous donner une réponse honnête et complète.
Des matériaux et une finition qui surprennent positivement
Premier constat en prenant place à bord de la Leapmotor B05 : la qualité perçue est globalement bonne, et ce constat mérite d'être souligné. Les constructeurs chinois ont longtemps souffert d'une image négative en matière de finition intérieure, mais la B05 s'inscrit clairement dans une nouvelle ère. Les plastiques utilisés sur les parties hautes de la planche de bord sont agréables au toucher, certaines surfaces affichant même un revêtement texturé qui rappelle la sellerie premium.
Les sièges avant sont bien profilés et offrent un maintien latéral satisfaisant pour une conduite quotidienne. La sellerie, disponible en tissu ou en similicuir selon les finitions, est soignée et résiste bien à l'usure apparente. L'assemblage général est rigoureux : peu de jours visibles, pas de bruits de caisse perceptibles au premier abord, et une impression générale de solidité qui rassure. Pour un véhicule positionné dans le segment C à un tarif compétitif, le niveau de finition est indéniablement un point fort.
Une technologie embarquée à la hauteur des attentes modernes
Leapmotor n'a pas lésiné sur la technologie embarquée dans la B05. Au centre de la planche de bord trône un large écran tactile qui centralise la quasi-totalité des fonctions du véhicule. L'interface graphique est fluide, réactive et relativement intuitive pour quiconque est habitué aux smartphones modernes. La résolution est élevée, les animations sont soignées, et la connectivité sans fil avec les smartphones (Apple CarPlay et Android Auto) fonctionne de manière satisfaisante.
Le système audio intégré délivre une restitution sonore honorable, tandis que la navigation embarquée propose des fonctionnalités avancées, notamment l'intégration des bornes de recharge sur le trajet. La caméra de recul affiche une image nette et bien contrastée, et certaines versions bénéficient d'une caméra à 360 degrés particulièrement utile en milieu urbain. L'instrumentation numérique face au conducteur est lisible et personnalisable, avec plusieurs modes d'affichage adaptés aux préférences de chaque conducteur.
Sur le plan de la connectivité, la B05 intègre également des mises à jour logicielles à distance (OTA), ce qui lui permet d'évoluer après l'achat — une pratique désormais indispensable dans le segment électrique moderne.
Le talon d'Achille : l'absence de boutons physiques
Malgré ses nombreuses qualités, l'intérieur de la Leapmotor B05 souffre d'un défaut majeur qui pénalise sérieusement l'usage au quotidien : le très faible nombre de boutons physiques. Dans la course au minimalisme qui semble avoir saisi tous les constructeurs automobiles ces dernières années, Leapmotor a poussé le concept à l'extrême au sein de la B05.
Résultat : la quasi-totalité des réglages — climatisation, volume audio, température des sièges, paramètres de conduite — passe obligatoirement par l'écran tactile central. Si cette approche peut sembler élégante à l'arrêt, elle devient rapidement une source de frustration et, surtout, de dangerosité au volant. Baisser la température de l'habitacle, changer de station radio ou activer les essuie-glaces en conduite implique de détourner les yeux de la route et d'effectuer plusieurs manipulations tactiles.
Les quelques commandes physiques encore présentes — principalement sur le volant — ne suffisent pas à compenser ce manque. Les conducteurs habitués aux commandes intuitives et accessibles à l'aveugle des véhicules conventionnels devront s'adapter, au prix d'une courbe d'apprentissage non négligeable. Ce choix de design questionne non seulement le confort d'utilisation, mais aussi la sécurité active du conducteur.
Espace intérieur et praticité : un bilan correct
Sur le plan de l'habitabilité, la Leapmotor B05 s'en sort convenablement. L'espace aux places avant est généreux, avec une position de conduite aisée à trouver grâce à un siège conducteur réglable électriquement sur les versions bien équipées. À l'arrière, le dégagement aux genoux est correct pour deux adultes de taille moyenne, même si le plancher légèrement surélevé — conséquence de l'architecture électrique — peut contraindre les passagers les plus grands.
Le coffre affiche un volume compétitif pour la catégorie, avec une ouverture large qui facilite le chargement. Des rangements sont présents en nombre raisonnable dans l'habitacle : vide-poches de portes dimensionnés pour de grandes bouteilles, console centrale avec espace de stockage et recharge à induction, et deux porte-gobelets accessibles.
Conclusion : un habitacle prometteur, mais perfectible
L'intérieur de la Leapmotor B05 illustre parfaitement les forces et les faiblesses de la nouvelle génération de véhicules électriques chinois qui débarquent en Europe. La qualité des matériaux et le niveau technologique embarqué sont réellement impressionnants pour le positionnement tarifaire du véhicule, et témoignent des progrès considérables accomplis par les constructeurs chinois. Cependant, le choix radical de supprimer la majorité des boutons physiques au profit d'une interface tout-tactile constitue un vrai handicap au quotidien, en termes de praticité comme de sécurité.
Pour les acheteurs attirés par la technologie et le design épuré, la B05 représente une proposition séduisante. Pour ceux qui privilégient la simplicité d'usage et l'ergonomie éprouvée, quelques réserves s'imposent avant de signer. Leapmotor dispose clairement du potentiel pour s'imposer sur le marché européen — à condition d'affiner son approche de l'interface homme-machine dans les prochaines évolutions du modèle.

